L'élevage d'insectes pour produire de la farine animale est bien moins destructeur pour l'environnement que les sources de protéines classiques.

L’élevage d’insectes pour produire de la farine animale est bien moins destructeur pour l’environnement que les sources de protéines classiques.

L’utilisation de farines d’insectes pour l’alimentation aquacole est autorisée au sein de l’Union européenne depuis le 1er juillet. De quoi booster ces jeunes entreprises françaises qui se sont lancées dans l’entomoculture, nouvelle filière industrielle en pleine éclosion.

« Comme toute bonne start-up, on a commencé dans un garage, enfin dans une étable puisqu’il s’agit d’élevage ! », plaisante Jean-François Kleinfinger, dirigeant de Nextalim. Cette jeune pousse de neuf salariés créée en 2013 près de Poitiers mise sur l’exploitation de la « mouche soldat noire » (Hermetia illucens). Grégory Louis, fondateur d’Entomo Farm, autre start-up lancée en 2014 en Gironde, confirme l’effervescence du secteur : « Les pionniers de la filière sont maintenant dans les starting-blocks pour atteindre des volumes de production importants ». Comptant une quinzaine de salariés, son entreprise a jeté son dévolu sur le Tenebrio molitor, le « ver de farine ».

Les insectes, souvent méprisés ou simplement considérés comme nuisibles, seraient donc un investissement d’avenir ? Assurément, répondent ces entrepreneurs. Dans un contexte de hausse de la population mondiale et d’une demande croissante en viande et en poisson d’élevage, ils sont bien moins destructeurs pour l’environnement que les sources de protéines classiques (soja, poisson de fourrage, etc.).

En France, la société Ynsect, lancée en 2011 par Antoine Hubert, ingénieur agronome de 35 ans, semble la plus avancée. En cinq ans, l’entreprise d’une cinquantaine de salariés a levé 35 millions d’euros et s’apprête à transformer son démonstrateur industriel, installé dans le Jura, en un site d’élevage et de transformation à grande échelle. Pour l’heure, Ynsect se focalise sur l’élevage du « Tenebrio molitor » et vise d’ici quelques années une production de 20.000 tonnes.

Dans les bâtiments inutilisés d’agriculteurs

Dans un domaine où tout est à faire, les entrepreneurs n’hésitent pas à créer leur modèle de développement. Élevage à grande échelle pour Ynsect, petite unité duplicable sur tout le territoire pour Nextalim, coopérative pour Entomo Farm… Cette dernière a ainsi proposé à des agriculteurs d’abriter dans leurs bâtiments inutilisés des élevages de vers, levant plus de 1,2 million d’euros pour édifier à Libourne une unité permettant de les alimenter en larves puis d’assurer la transformation. Objectif : 400 tonnes dès 2018. Le fondateur de Nextalim mise, lui, sur la bio-transformation de matière organique. Jean-François Kleinfinger espère « équiper le territoire » avec de petites unités d’élevage de ses mouches qui pourraient être nourries dans un cercle vertueux avec les invendus végétaux de l’industrie alimentaire et de l’agriculture « dans un rayon de 100 km ».

La nutrition humaine

Pour tous, la réglementation reste un enjeu majeur. Encore imprégné des suites de l’épidémie de la vache folle des années 1990, le cadre réglementaire sur les farines animales commence tout juste à évoluer. Depuis le 1er juillet, l’UE autorise la consommation par les poissons d’élevage de farines produites à base de sept espèces d’insectes. Les producteurs espèrent que les porcs et surtout les volailles, seront les prochains sur la liste.

Tous soucieux de l’environnement, ces innovateurs français ne comptent pas s’arrêter là. Ils visent aussi la production d’huiles d’insectes pour la chimie verte et certains ont déjà en tête un autre débouché planétaire : la nutrition humaine.

Source: Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/economie/farines-d-insectes-naissance-d-une-filiere-industrielle-06-07-2017-11585212.php#7ZdaEj1EA4DGaA4z.99

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